mardi 1 octobre 2013

GR 20 en 5 jours : 5ème journée.

"5 jours, 5 pinzutus en Chanel n°5"

J'avais parié sur une nuit courte et agitée ... elle fut ultra courte et hyper agitée ! 
Tellement courte qu'en fait je n'ai pas eu l'impression d'avoir réellement fermé mes yeux ... quant à l'agitation, je vous laisse imaginer ceux qui sont venus se coucher un peu tard, ceux qui voulaient se lever un peu plus tôt, ceux qui avaient besoin de faire pipi, puis finalement de boire un coup et en fait de refaire pipi un peu plus tard, ceux qui cherchaient quelque chose dans leur sac à dos (quelque chose rangé dans un sac en plastique bien entendu) ou qui cherchaient simplement de la compagnie (tu doooors ?), ceux qui pensaient qu'une lampe frontale n'éclairait que le bout de leurs pieds et j'en passe et des meilleurs ...

Quant à l'odeur ...

Imaginez-vous avoir oublié sur la plage arrière de votre voiture un bon fromage qui pue, genre Maroilles ou Munster. Vous êtes parti trois semaines en vacances et vous avez stationné votre véhicule en plein soleil ... vous visualisez la situation ? 
De retour de la plage, vous ouvrez votre portière et vous vous installez derrière votre volant ... une infime molécule d'air qui a stagné pendant trois semaines parvient à votre nez, et là c'est l'horreur : vous êtes pris de nausées horribles, la tête vous tourne et dans un vertige effroyable, pris de spasmes incontrôlables, vous vomissez sur votre tableau de bord  ... un Munster daubé de presque un mois en plein soleil ne pardonne pas ... tout autant qu'une vingtaine de randonneurs dans le dortoir d'Usciolu.


Alors qu'il doit être presque 5 heures du matin, je n'ai qu'un désir, fuir cet endroit au plus vite ... et visiblement je ne suis pas le seul : des lampes parcours la pièce dans tous les sens, tout le monde s'agite comme si c'était l'ouverture des soldes chez Monoprix.
Je vous ai déjà largement fait comprendre que je n'étais pas du matin, mais alors là, je ne vous explique même pas la tête de cochon que je dois faire, et encore, ce n'est rien par rapport à ce qui m'attend.

Déjà, il faut s'habiller.
Petit flash-back pour ceux qui ont une mémoire de poisson rouge : les trois dernières heures de course se sont faites hier sous la pluie. Slip, short, Tshirt, chaussettes et chaussures trempées !
Alors slip, Tshirt et chaussettes ... j'ai ça en stock. Bon, c'est pas propre et c'est du matos qui a fait les deux premiers jours mais c'est mieux que rien ... beuark quand même.
Mon short est encore bien humide, mais ce n'est pas la mort. Par contre les chaussures ...

J'enfile le pied droit : splouch ! Pied gauche : re-splouch !

Je fais quelques pas et j'ai l'impression d'avoir Bob l'éponge sous mes pieds ... juste horrible !
Tête de cochon puissance mille.
Du coup mon sac sera fait en trois secondes : je bourre le plus que je peux et comme, bien entendu, je n'arrive pas à tout fermer, j'attache sur les sangles les affaires qui traînent et sors du refuge dans un état d'agacement assez prononcé.
Pour être franc, à ce moment là je dois plus ressembler à Robert qu'à Redford si vous voulez mon avis ... mais bon, passons.

Après ça, je retrouve mes quatre Pinzutus devant le refuge pour aller prendre le petit dèj. Et là :

-"Pas de petit déjeuner ici."

Le coup de massue est terrible ! Pas dormi, habillé avec des affaires qui puent, mes chaussures dégoulinent et il n'y a rien à manger ?!!
Là, je ne sais pas s'il y a pire qu'une tête de cochon puissance mille, mais je peux vous dire que l'eau est en train de vite s'évaporer dans mes baskets tellement que ça me chauffe cette histoire.

Ouh comme c'est bon d'avoir les glandes à 6h00 du matin. 
J'ai quand même réussi à trouver un vague morceau de pain. Celui-ci a un air de famille avec un certain Bob l'éponge ... décidément.
Dans la joie et la bonne humeur, je me dit que c'est parti pour cette ultime journée pour :

Refuge Usciolu - Conca : 46km, 2'100 D+ et 3'700 D-



Trace GPS et détails ici : première partie ainsi que la seconde partie.

46 kilomètres : même plus peur. 2'100 mètres de grimpette : pfff de la rigolade. Par contre 3'700 mètres à descendre, avec quatre jours de fatigue dans les jambes, ça risque quand même de piquer un peu. 

On s'élance donc à la frontale ... et à jeun.
Physiquement, je me sens assez bien, mais bordel, je suis grinch' de chez grinch'. Je profite donc de l'obscurité pour rester en retrait pour pouvoir ronchonner tranquillement dans mon coin. J'en profite aussi pour manger ce qu'il me reste dans les poches et le morceau de pain pris au refuge ... mais bon, je sais très bien que ça ne va pas le faire cette histoire.

Après avoir navigué quelques dizaines de minutes sur les crêtes, nous sommes quand même récompensés par un somptueux lever de soleil, mon moral suivra la courbe ascendante de l'astre levant.






Le passage sur les crêtes est magnifique et la lumière donne une dimension incroyable au chemin.


Même s'il ne fait pas encore bien chaud, le soleil est de la partie et ça re-boost un peu le groupe après la rincée qu'on a prit hier. Comme nous arrivons au bout des crêtes, on commence à redescendre dans la vallée. 
Les cow-boys ont l'air bien excité ce matin et je me fais décrocher petit à petit dans la descente. Pour une fois c'est mon choix parce que je sais que la journée va être encore bien longue et que le peu que j'ai dans l'estomac ne m'autorise pour l'instant à très peu de folies.
On verra plus tard quand on passera devant le prochain refuge.

En attendant, je recolle quand même au paquet, à l'avantage de nombreux arrêts photos. Il y a des créatifs dans le groupe, je vous laisse juge :

Le monde est stone.

Ah, l'art délicat du cadrage ...

Et je profite même d'une énième pitrerie pour passer devant.

Plus de potion magique ?

Il y a encore un sommet à gravir aujourd'hui avant d'entamer la grosse descente sur l'arrivée, et le fait d'être devant est toujours plus facile psychologiquement que l'inverse.


Alors, pendant que les piplettes reprennent de plus belle, qu'ils remplissent leurs gourdes et qu'ils contemplent le paysage ... moi, je file discrètos attaquer le dernier sommet de ce GR20 : l'Incudine (2100m).
J'entame la grimpette d'un bon pas et j'ai décrété que comme c'était le dernier sommet, il fallait finir sur une bonne note.
Il fait désormais beau, pas encore trop chaud et le pourcentage du premier raidillon n'est pas trop élevé, ce qui permet de bien lancer la machine.
Le panorama est toujours aussi plaisant et je me rends compte qu'on a eu une chance incroyable avec la météo depuis le début de cette aventure.

J'attaque la pente d'un bon pied et je me sens assez bien. Je me retourne régulièrement pour voir à quelle vitesse vont les cow-boys et à quelle sauce je vais être mangé, mais apparemment, mon rythme est bon car j'arrive à les tenir à bonne distance. Le soleil chauffe un peu, les cuisses aussi et j'en profite alors pour accélérer un peu la cadence.
J'arrive sur un léger replat, estimant avoir fait à peu près la moitié de ce qu'il y a à grimper quand je m'aperçois que Sandro est parti en contre ...
Il s'est détaché du groupe et au vu de sa foulée et de la détermination qu'il met dans son effort, ça sent la baston à plein nez tout ça. Sûr qu'il veut avoir le dernier K.O.M (King Of Mountain) de ce GR20 et qu'il veut me manger tout cru.

A l'attaque !

Banzaï !!! Je me mets donc aussi en mode "warrior" et hausse ma cadence d'un cran ... mais c'est illusoire. Je pensais pouvoir le contenir un moment, mais je peux voir dans ses yeux la rage et cette furieuse envie de tout déchirer.
J'ai le palpitant qui s'emballe, le final va être explosif :)

Comme je sens que l'explication va être serrée, je décide de la jouer tactique : je ralentis légèrement pour faire retomber les puls et garder un peu de jus pour le final. Je laisse revenir Sandro et je lui prendrais la roue dés qu'il sera à ma hauteur ...
Ce qui ne fut pas long à attendre (le bougre), petit échange visuel :
Il me regarde, je le regarde, il voit que je le regarde, je vois qu'il me regarde ...

Bref, c'est parti pour la bagarre et pour le titre honorifique du KOM GR20.

Et là, première désillusion !
Alors que Sandro me passe et que je tente de lui prendre la roue ... comment vous dire ... une odeur des plus infâmes vient me chatouiller les narines. Je ne sais pas si ça vient des chaussures, des chaussettes ou du Tshirt, ou bien même sûrement des trois, mais une chose est sûr, c'est que ce n'est pas du Chanel n°5 !
Bon, pour être tout à fait honnête, je dois puer tout autant que lui à ce moment là, mais vous le savez sûrement, il est beaucoup plus facile de supporter sa propre odeur, fut-elle pestilentielle, que celle de son voisin.
Bref, comme ça sent grave le poney, je lâche un peu l'affaire et laisse entre nous une centaine de mètres, ce qui n'arrange pas ma tactique de course car du coup, ça va être dur de le griller au finish ... shit !

Deuxième désillusion: Daniel, Thierry et Nicolas ont décider de passer la seconde et je sens qu'il va falloir que je lutte pour ne pas me faire décrocher par Sandro et aussi pour ne pas me faire manger par les trois derrières moi ... shit shit !!

Et troisième désillusion: à 500 mètres du sommet, je leurs refais le coup de la panne : hypoglycémie (saison 3, épisode 4) ... shit shit shit !!!
Après quatre heures d'effort, les quelques misérables calories n'ont pas fait le poids par rapport aux besoins demandés. Je me retrouve encore une fois planté dans la pente à ramer comme un malheureux pour essayer de me traîner au sommet ... et ce n'est pas chose aisée à ce moment là pour moi. J'abandonne le KOM à Sandro, finalement suivi de près par Thierry, Daniel puis Nicolas.

Mont Incudine

Je vous passe les injures, les gros mots et tout le toutim qui ont bien pu sortir de ma bouche pendant ces derniers mètres, mais je vous assure que je n'étais plus du tout à la fête. J'en termine avec la tête qui tourne, des étoiles dans les yeux ... le malaise n'est pas très loin. Ça me rend d'autant plus fou que je sais dorénavant que j'en ai pour plus de deux heures de galère avant que les voyants passent de nouveau au vert: Happy le gars !

La preuve en photo :

Sauras-tu trouver sur la photo le gars qui en a plein les baskets ?

5 Pinzutus en Chanel n°5

Bon, de nouveau je fais les poches à Nicolas qui m'aura vraiment sauvé la mise sur ce coup là. Me voici donc rempli de victuailles que je vais pouvoir ingérer pendant la descente sur le refuge Asinao en dessous de nous.
Tout le monde descend tranquillement car on commence à se projeter sur l'arrivée et on se dit que ce serait trop les boules de se blesser maintenant et de ne pas pouvoir terminer. On assure.

Refuge atteint, ce coup-ci, pas de pitié ! Je rentre dans le refuge, vois le gardien et :

-" EVERYBODY STAY COOL , THIS IS A ROBBERY !!! "

Je vous la fait version Pulp Fiction, mais dans le texte, en gros ça a donné plutôt ça :

- " Bonjour Monsieur, il me reste 53,05 Euros, je vous achète tout ce qu'il y a à mangé dans votre refuge. "

J'en ressorts avec 3 coca, 1 baguette de pain qui a été cuite au mois d'Avril (on est en Septembre !), 1 boite de pâté de je ne sais pas trop quoi, 1 boite de thon et 2 Mars (et ça repart, ouais !).
Je me fais mon méga sandwich, boit un coca, mets les deux autres dans les poches et c'est reparti, direction le Col de Bavella où on aura fait en gros les 3/4 de la journée.
Et comme ça descend toujours et qu'on ne va toujours pas trop vite, j'ai le temps de manger mon sandwich, mes barres de céréales et mes Mars.
Rhaaa, me voici calé ! Je n'avance toujours pas, mais je sais désormais que ce n'est qu'une question de temps (et de digestion) et que quand ça va revenir, je vais péter le feu ... faut juste être patient.

A ce moment là, il reste encore environ 30 kilomètres à parcourir, ça fait quand même un bout quand on a plus de jambes.

Jaune : variante alpine. Rouge : GR20.

En partant du refuge, il faut qu'on choisisse entre deux chemins.
Soit on reste sur le GR20 qui fait le tour de la montagne et longe la vallée (en rouge), soit on prend la variante alpine qui traverse directe sur les crêtes (en jaune).
Nicloas et Sandro qui sont un peu sensibles au vide préfèrent jouer la sécurité et rester sur le GR. Daniel et Thierry eux sont méga motivés pour un des passages les plus emblématique du parcours.
Pour ma part, ma tête veut monter mais mes jambes elles n'ont pas l'air d'avoir bien envie, alors comme je  me refuse de faire le boulet, je préfère rester dans la vallée avec Sandro et Nico, l'allure devrait mieux me convenir ... 

Sauf que, je n'avais pas bien compris qu'aujourd'hui c'était la dernière journée et qu'à la moindre occasion on jouerait à "qui a la plus grosse".
On arrive à l'embranchement et alors que je reviens tranquillement à la hauteur de mes quatre acolytes, je vois de nouveau dans leurs regards que c'est l'heure de la baston !
Daniel et Thierry filent sur les crêtes, Sandro, Nicolas et moi-même faisons le tour par la vallée, le dernier arrivé au col de Bavella n'est qu'une fiotte !

Pfffff, mais nan, pas maintenant ! J'ai pas la forme, je n'ai plus de jus, je n'avance pas ! Sans déconner les gars... 
Peine perdue, en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, je me retrouve de nouveau seul à galèrer. Je vois grimper Daniel et Thierry comme deux chamois. Sandro et Nicolas se mettent à courir comme si les 150 kilomètres qu'on avait dans les jambes n'étaient qu'un échauffement préliminaire à ces 10 ou 15 km qui vont être menés tambour battant.

Bon ... bah, faites comme si je n'étais pas là. Pour moi il est hors de question de courir, je suis out, fuck ! Je trotterais donc tranquillement en attendant que ça revienne ... et il faudra que j'atteigne le col de Bavella pour sentir de nouveau la fureur du Dragon en moi.

Thierry dans la variante alpine

Daniel et Thierry sont finalement arrivés les premiers suivis de peu par Sandro et Nicolas qui étaient un peu vert de s'être fait griller la politesse ^.^
Du coup, ils m'attendront pas loin de 20 minutes à la buvette du col où certains ses sont lâchés sur le ravitaillement en crêpes.
Pour ma part, ce n'est pas le moment de faiblir, ma jauge est presque à 100 %, je fais donc un arrêt express : pipi, crêpe nutella, coca et en moins de 3 minutes je repars illico, pas question de me refroidir, je suis fin prêt à avaler la dernière quinzaine de kilomètre restante :) Hiha. le power est là, je vais faire tout péter dans le final, trop bon :)




On quitte donc le col de Bavella dans des formes diverses. Certains commencent à avoir les baskets lourdes, d'autres font demi-tour pour avoir oublié le ravitaillement au col ... mais en gros, la fatigue commence à sérieusement se faire sentir chez tout le monde, sauf moi qui vit visiblement totalement à contre courant puisqu'à cet instant, je m'avale n'importe quelle difficulté avec une aisance déconcertante.
Je cours à fond, je grimpe à bloc et dévale comme un malade avec un regain de forme inespéré. De nouveau, c'est bon d'avoir cette sensation de reprendre possession de son corps et de ses jambes.

Alors, j'envoie du lourd et je m'aperçois qu'en quelques kilomètres, j'ai fait un peu le ménage autour de moi. Bon, il n'est plus temps de se tirer la bourre et même si j'ai des jambes de feu, il est quand même plus sympa de terminer ces 10 derniers kilomètres et ce GR20 groupé.

Je marche donc tranquillement, et en attendant que ça revienne derrière, je cogite...

Oui, je me dit qu'il faut que je fasse une connerie, un truc drôle. J'aimerai faire payer à Sandro le fait de m'avoir emmener ici, il ne doit pas s'en tirer comme ça l'enfoiré, c'est quoi ces délires de malade, il va nous sortir quoi pour ces 50 ans ???  ;-)
Séance de brainstorming express avec moi-même ... j'ai trouvé !

J'ai remarqué que depuis le début, Sandro se souciait pas mal de nous, dans le sens où je trouvais qu'il était relativement inquiet qu'il ne nous arrive quelque chose de plus ou moins grave.
Il sera soulagé de nous voir tous en un seul morceau à Porto-Vecchio ... joli sens des responsabilités :)
Pour ma part, j'ai trouvé la connerie à faire. 

Au début, je pensais me rouler par-terre, un peu à la manière d'un joueur de foot Italien, et prétextant un gros "crac" dans ma cheville, je supplierai pour que Sandro me porte sur son dos jusqu'à l'arrivée ... mouais ... bof, nan ... ça va pas le faire, déjà parce que je suis piètre acteur, et surtout parce que je risque de rigoler en moins de trente secondes.
Brainstorming bis  ... j'ai !

Je vais m'allonger au sol pour faire croire que je me suis littéralement fracassé la tronche sur un gros caillou. J'ai deux ou trois minutes pour mettre en place ma mise en scène :
Grosse trace de freinage au sol, bâtons pliés en deux comme s'ils avaient rompu sous la chute, sac à dos en vrac, position improbable allongée dans la caillasse et tête révulsée sur une grosse pierre (il ne me manquait que le ketchup !) ... ne reste plus qu'à attendre ... hi hi hi.

Photo trouvée sur le net ... assez représentative ^.^

J'entends du bruit, ils arrivent ... je rigole déjà, merde, il faut que je me concentre, je dois faire le mec à moitié mort.
Oh mince, la boulette ! Les pas viennent de devant moi en fait, et non de derrière !
Des personnes arrivent, shit ! 

Je me relève, ni une  ni deux, mais c'est trop tard, les deux randonneurs devant moi me regardent d'un air apeuré au début (ça va, c'est grave ?) puis complètement ahuri, genre qu'est-ce-que c'est que ce délire ???

Bon, je bafouille que c'est une blague pour des copains qui sont derrière, mais je suis tellement mort de rire et excité que je ne suis pas sûr qu'ils aient bien compris le pourquoi du comment. 
Les gars me regardent, j'en vois un qui sort une camisole de force ... re-explications ... finalement les gars poursuivent leur route. Ils ne pensaient pas tomber sur un illuminé en plein milieu de la Corse.
Bref, je reprends ma position, Sandro and Co ne devraient pas tarder maintenant.

Ça y est ! Je les entends maintenant, et cette fois j'identifie clairement les pipelettes derrière moi, aucun doute sur qui va me trouver dans cet état là ^.^
Thierry et Sandro sont les premiers à arriver sur les lieux.

Sandro  "- Meeerdeeeeeee, Stef !!?? "
Thierry  "- Rhôô, il nous fait une blague c'est sûr, on va lui planter un bâton dans le c..."

Les pas se font quand même pressant pour arriver à ma hauteur. Je me concentre du mieux que je peux pour faire le mec évanoui, mais ce n'est pas évident tellement que j'ai envie de rigoler.

Sandro "-Meeeeeeeerde Stef, nan déconne pas, Stef !!! "

Thierry, qui n'y croyait pas trop au début commence lui aussi à s'inquiéter et le timbre de sa voix se remplit d'un certain stress.
Sandro est à ma hauteur, se penche sur moi.
Je dois faire un effort monstrueux pour me contenir.

Sandro -" Merde, merde, merde, fais chier ... allez, dis moi que ça va !!!? "

J'aimerai jouer le jeu plus longtemps, pour qu'il flippe un bon moment, mais je ne tiens plus ! J'ouvre brutalement les yeux, me relève et pousse un gros :

-" BBBBBEUUUUUUAAAAARAAKKKKKKKKK !!!! "

Qui, je dois dire,  fait tout son effet :)

Sandro -" Oh putain tu fais chier !!! J'ai cru que tu étais à moitié mort, tu m'as trop fait flipper ! "

Ahhhhhh, je suis trop content de mon coup. J'aurai du tenir un peu plus longtemps, mais comme on dit souvent, les blagues les plus courtes sont les meilleures.
Petite vengeance pour m'avoir fait souffrir pendant ces 5 jours, même si au bout du compte, je suis bien content d'avoir participer à cette aventure :)

Daniel et Nicolas nous rejoignent, on raconte le sketch, on rigole deux minutes et on se remet en marche. On a désormais plus qu'une idée en tête, voir le bout de ce GR20, les jambes n'en peuvent plus.
Enfin, sauf les jambes de Thierry et de moi-même.
Je sens que Thierry a encore un peu de jus et moi, depuis le col de Bavella, je ne tiens pas en place. C'est donc parti pour un ultime baroud d'honneur : on part à fond dans les montées, on accélère sur le plat et on fait tout péter à la moindre descente.
Zéro calcul, je donne tout, reste une petite dizaine de kilomètres ... c'est super agréable de terminer sur cette bonne note ce GR20.

A quelques encablures du finish, on passe devant une sorte de piscine naturelle.


Je mets la main dans l'eau ... wahou, elle est presque chaude, j'ai trop envie de me baigner. J'enlève chaussures, chaussettes et rentre dans l'eau, bonheur :)



Je suis prêt à piquer une tête, mais visiblement il n'y a que moi que ça éclate cette histoire ... Thierry, Daniel et Nicolas passent leur chemin. Sandro hésitera un instant mais l'appel de l'écurie est plus forte : pas envie d'enlever les chaussures (pas sur de pouvoir les remettre), pas envie de se refroidir ... juste envie d'arriver au bout.
Bon, tout le monde met les voiles, je sors donc de la baignoire, remets les chaussures et gaz ... c'est vrai que c'est dur de relancer la machine mais j'ai encore le power. Il reste un dernier raidillon à grimper et ensuite, grosse descente sur l'arrivée.

Pas de variante Genevoise pour l'arrivée ?

Je reviens sur Sandro et Daniel qui commencent sérieusement à accuser le coup, et pour l'avoir vécu plus tôt dans la journée, je sais qu'à ce moment là, les kilomètres ne défilent pas bien vite. A chaque fois qu'on atteint le sommet d'une petite montée, on se dit que cette fois-ci, c'est la bonne, il n'y a plus qu'à descendre ... mais non, 500 mètres plus loin, de nouveau encore une petite grimpette ...
C'est usant, mais bon, faut bien le mériter ce GR20, donc on fait profil bas et on s'applique, malgré les douleurs, la fatigue et le sentiment de raz-le.bol qui nous envahit gentillement, à mettre le plus d'entrain possible.

Enfin, le voici, LE passage tant convoité : si un jour vous vous faites le GR20 du Nord au Sud (itinéraire classique), quand vous passerez ici, vous en aurez terminé avec le D+, ne reste plus que 30 minutes de descente sur Conca.




A cet instant, je laisse partir le groupe ... j'ai envie de rester seul juste un petit moment avant les explosions de joie et le délire qui va s'emparer de nous lorsque nous serons arrivés.
Je veux juste prendre un peu de temps, profiter une dernière fois du paysage, me rappeler tout ce que j'ai vécu pendant ces cinq jours tellement intenses.

Sentir l'air qui passe encore une fois dans mes poumons, frissonner du plaisir d'être là, remercier la nature d'être aussi belle, savourer d'avoir des jambes aussi robustes et gracier le Ciel et la Terre d'avoir encore une fois cette chance incroyable de pouvoir vivre ça.
Je me retourne et jette une dernière fois mon regard nostalgique sur l'immensité que je viens de traverser ... me demandant à cet instant s'il est possible d'être plus heureux ...

I'll be back ...

Dans un état de béatitude totale, je me dis qu'il est l'heure d'y aller car je ne veux pas manquer les festivités qui approchent. J'ai tout gravé sur mon disque dur et je sais dorénavant que rien ne pourra me faire oublier ces émotions et ce sentiment de plénitude resenti au plus profond de la Corse.


J'attaque donc la descente en mode Happy-Lactique, et je peux même me permettre un dernier petit coup d'adrénaline, tellement que je me sens bien physiquement et que me jambes se jouent de la moindre difficulté. J'arrive à la hauteur de Daniel et je poursuit mon effort pour terminer l'aventure au coté de Sandro.


Dernière descente, derniers cailloux, dernière gamelle évitée de justesse ...
Ça y est, on l'a fait !


Et pendant que Daniel en termine ...


Nicolas et Thierry s'arrachent le panneau commémoratif :



Il nous reste encore cependant encore un tout petit kilomètre à descendre à travers le village pour pouvoir poser fièrement devant LE panneau :


Fin de la journée et fin de ce GR20. Il nous aura fallu encore 13 heures d'effort pour boucler l'étape d'aujourd'hui.

On se congratule, on est fier, et même si on a un peu de mal à réaliser, tout le monde veut faire le coq et poser pour immortaliser et garder en souvenir ce moment de bravoure.

Nicolas

Sandro

Thierry

Daniel

Moi-même (Stéphane)

Le team de winner ^.^

Bilan des courses et de ce GR20 :

194 kilomètres.
61 heures et 30 minutes d'effort.
12'300 mètres de D+ et 12'400 mètres de D-


Je termine cette traversée quand même sur une petite note de frustration, dans le sens où j'aimerai continuer, maintenant que mes jambes tournent toutes seules, que j'ai plus ou moins compris comment fonctionne ma glycémie et comment je dois la gérer pour pouvoir bien avancer.
Oui, je pense que j'aurai aimé faire encore quelques kilomètres aujourd'hui, et demain peut-être, refaire encore une étape ... 
Je suis cuit, cramé, dead, mais quelque part, j'en veux encore. Enfin, je dit ça sur l'instant, mais je peux déjà vous annoncer que le discours ne sera plus du tout le même demain matin.

Mais bon, l'heure est aux festivités ! Premièrement, petit apéro en attendant le chauffeur qui doit nous descendre à Porto-Vecchio.



Puis après, on saute dans le taxi, direction notre hôtel sur la plage de Porto-Vecchio.
Le retour à la civilisation est pour moi un choc : les voitures, les lumières, la musique, la pollution, le monde, Rihanna à la radio, le brouhaha ... tout ça m'agresse, c'est horrible.
J'ai l'impression de sortir de 6 mois d'hibernation et tout mes sens ont du mal à s'habituer à cette modernité. Je me rends compte que ces cinq jours ont été vécus aussi un peu hors du temps : pas de mp3 dans les oreilles, pas de JT de 20 heures, pas de news ni même de facebook, pas de réseau, encore moins de wifi ... et ça fait un bien fou de pouvoir déconnecter, c'est même presque un luxe serai-je tenter de dire.

Arrivée à Porto-Vecchio ... que dire ? Une photo vaut mille mots ...


Nous sommes accueillis par Julien et un des responsable de l'hôtel.
Visiblement, celui-ci ne veut pas nous voir traîner trop longtemps dans nos tenus et nos états à la réception de son établissement quatre étoiles.
On a pas vu le semblant d'une salle de bain depuis deux jours et je dois dire qu'on a l'air bien crado à voir ... et à sentir. Le gars nous expédie donc rapidement dans nos chambres respectives ou une bonne douche nous attend ...  petit moment de pur bonheur, voir même de jouissance.

Déposer enfin mon sac à dos qui m'a tellement meurtrit les trapèzes, ôter une bonne fois pour toute mon Tshirt qui chlingue, mon slip collant, mes chaussettes à l'odeur de poney et mes chaussures abjectes d'une puanteur inimaginable ... quel plaisir de voir ces affaires loin de mon corps.
Puis rentrer dans la douche, sentir l'eau chaude couler sur mon corps ... la chaleur pour détendre tout mes muscles endoloris, l'eau pour laver ma peau de la poussière, de la crasse et de la transpiration accumulées.
Après être resté des minutes et des minutes durant à juste laisser couler l'eau sur moi, je sors, me sèche et enfile des vêtements propres et secs ... orgasme ...

Je rejoins l'équipe au complet au restaurant de l'hôtel ... je pense que nous sommes prêt à faire péter le frigo du chef tellement que nous avons tous les crocs !


Pendant le repas , on se refait le film de ces 5 jours de folie et on en profite pour raconter nos aventures à Julien. Mais c'est étrange, le premier jour nous parait tellement loin, tout s'est passé finalement si vite, tout a été si intense que déjà la mémoire nous joue des tours.
Heureusement que Nicolas et Daniel ont fait énormément de photos et que j'ai pris des notes sur un petit carnet, sinon il aurait été impossible de se souvenir de tout.
Petite question à vous, lecteur, ou à vous pinzutus : seriez-vous capable, là, maintenant de citer une des anecdotes vécue lors de la quatrième journée ? Pas simple nan ?

Le repas s'éternise un peu sur la terrasse de l'hôtel, on se repasse le film encore et encore. Il y a dans chaque pupille, dans le timbre de chaque mot prononcé, une étincelle, un petit truc qui fait que nous sommes un peu différents ... fier serait peut-être le mot.
Mais à l'heure de se lever de nos chaises pour regagner nos chambres, tout les visages se font grimaçant ...on fait un peu le tour des blessés, des blessures, et là, attention les yeux, vous allez voir ce que coûte un GR20 en 5 jours :

1 abandon
1 fracture de fatigue
1 tendinite
1 genou hyper douloureux (petite fracture ?)
et entre 10 jours et 1 mois de repos complet suivant les personnes.

Ceux qui ont le plus morflé : les jambes bien sûr avec des inflammation assez importantes le lendemain (des poteaux !!). Les articulations et notamment les chevilles, qui pour certains, deviendront presque violette. Quant aux pieds, je vous laisse vous faire une idée grâce aux magnifiques clichés que voici :





Beaurk ... et les quelques contractures resenties au repas du soir ce sont muées en franches courbatures le lendemain au réveil.
Sans avoir beaucoup bu, je peux vous dire que la gueule de bois n'est quand même pas très loin pour les cinq valeureux pinzutus. Je peux vous dire qu'heureusement qu'on était on avance pour prendre notre avion, parce que s'il avait fallu courir, ne serait-ce que 10 mètres, c'était perdu d'avance, on pouvait rentrer à la nage.

Fin de la parenthèse enchantée, il est l'heure de retrouver son quotidien.


A l'heure de conclure et de tirer un bref bilan sur cette aventure, je dois remercier les cinq acolytes qui m'ont accompagné pour avoir rendu cette traversée de la Corse si inoubliable.

Merci à Julien, à Nicolas, à Thierry et à Daniel pour votre bonne humeur, votre entrain, votre bon esprit et d'avoir partagé ces 194 kilomètres en ma compagnie, en toute simplicité et camaraderie.

Et surtout, un immense MERCI encore une fois à toi Sandro.
Sûr que j'étais venu pour ton anniversaire, mais en fait c'est toi qui m'a fait un merveilleux cadeau : celui d'organiser une aventure hors du commun.
Le genre d'aventure que j'aurai plaisir à raconter au coin d'un feu quand je serais trop vieux ;-)

Et tu as mis la barre bien haute pour le prochain délire ou anniversaire : organisation, météo, parcours, participants ... tout était au top :)

Alors, des idées pour la suite ?

Ouiiiiii  des idées, ce n'est pas ce qui manquera pour fêter nos 45 ou nos 50 ans :
On pourrait se faire le GR20 en 3 jours, ou alors un Ironman de fou (Norseman en Norvège) ou alors le GRR (Île de La Réunion-160km à pied en une seule traite) ou bien le Tahoe Rim Trail (USA-265km) ou bien même encore le ...

Sandro ?

Tu es là, Sandro ?

Allo ??



Sandroooo ???



Historique :
     L'idée, le délire de ce GR20.
     Préparation et matériel.
     Première journée : Calenzana - Asco.
     Deuxième journée : Asco- Castel Vergio.
     Troisième journée : Castel Vergio - Vizzanova.
     Quatrième journée : Vizzanova - Usciolu.
     Cinquième journée : Usciolu - Conca !

20 commentaires:

  1. Bonjour,
    ce fut un vrai régal de lire cette aventure!!
    Merci
    Raf

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si c'était aussi cool que de la vivre, alors je prends le compliment ;-)
      Merci Raf

      Supprimer
  2. super dernier récit! bravo, tu m'as donné envie de faire cette randonnée, mais pas tout de suite, j'en suis actuellement incapable... dans quelques années peut-être :-) j'aurais sûrement plein de questions à te poser concernant l'organisation et la logistique d'une telle course!

    sinon tu fais l'escalade? J'y bosserai à l'infirmerie tout le matin jusqu'à 14h30.
    allez a+ :-)
    Michèle

    ps: et sinon, franchement, le Norseman... finger in ze nose pour toi ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a tellement de courses où je me suis dit finger in ze nose et où je me suis planté que maintenant ... low profil (enfin, je dis ça mais c'est super dur pour moi ^.^)
      Sinon oui, Escalade bien sûr, THE course de l'année. Dossard 20534, mais je suis pas sûr que si je te croise ce soit une bonne nouvelle pour moi vu que tu es à l'infirmerie ... ha ha ha. Je cours à 16h15, peut-être qu'on arrivera à se voir parmi la foule ?
      @+

      Supprimer
    2. Et puis, je te le conseille vivement ce GR20, trop bon :) Je cogite déjà quand est-ce que je pourrai le refaire ^.^

      Supprimer
    3. j'ai déjà trouvé un pote partant! et sinon, juste comme ça, pour des personnes moins entraînées que vous (du genre triathlètes estropiés à très faible potentiel habitués aux fonds de classement... lol) tu penses qu'il faudrait prévoir la traversée en combien de jours? merci :-)

      Supprimer
    4. Je penses qu'en 7 jours tu peux le faire en profitant bien du parcours mais sans trop te mettre dans le rouge, mais la logistique est différente : plus de jours = plus de matos ... à cogiter, sinon moi je veux bien venir aussi ;-)

      Supprimer
    5. attends tu vas te faire ch*** à mort avec nous lol je te rappelle pas en combien de temps j'ai bouclé mes 2 tris cette année? ;-) non, mais ce serait super si t'es partant, en plus à notre vitesse ce sera de la ballade récup de mémé pour toi, même pô mal aux jambes lol je te tiens au courant mais ce ne sera pas en 2014...

      Supprimer
  3. trop bien ce récit, comme d'hab'. On va être en hypoglycémie... si on n'a plus de récit à se mette sous la dent

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il va falloir relire les récits 2013 pour passer et tenir tout l'hiver ... mais la saison 2014 s'annonce déjà riche et intense, comme on dit : va y'avoir du sport !
      Merci Ben pour ton com (comme d'hab' serai-je tenté de dire aussi). @+ ;-)

      Supprimer
    2. un IM de prévu pour 2014? :-)
      Michèle

      Supprimer
    3. Sauf gros changements, en 2014 et 2015 on devrait plus me croiser en montagne que sur mon vélo. Il y a quelques lettres qui m'obsèdent : CCC, UMTB, GRR ... tout un programme ... Ironmam un peu plus tard (si j'arrive encore à marcher)

      Supprimer
  4. bravo et merci ! on mesure bien en te lisant le truc de fou que vous avez fait. Et on voit bien aussi les incroyables ressources qu'à notre organisme... à condition de lui donner un peu d'essence ! Bien que n'étant pas affûté comme toi, je connais bien ce problème : si je n'ai pas le ventre plein, je n'avance pas.
    Le GR20, je le ferai un jour : mais en 15 jours !

    Vivement tes prochaines aventures

    Arclusaz

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Arclusaz, et pis franchement je te le conseille du fond du coeur ce GR20 (même si je sens qu'il ne sera pas bien dur de te convainvcre) ... et même en 15 jours, c'est une sacrée aventure ;-)

      Supprimer
  5. Merci, grâce à ton récit j'ai suivi le parcours jour après jour de mon mari qui est parti dimanche... et termine demain (ok, j'ai lu le J5 un peu en avance, mais c'est vraiment prenant) !
    Pour ma part, je le ferai (et mon mari le re-fera plus doucement) en 15 jours - peut-être en doublant une ou deux étapes quand même...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi je dis que ce GR20 est une aventure qui se partage, vous aurez sûrement beaucoup de plaisir à le faire ensemble alors ;-) Bonne traversée !

      Supprimer
  6. Bon, je viens de me refaire un petit trip à ton GR20 entre mes gardes de nuit, toujours aussi sympa à lire!!! :-) :-) et des photos superbes... je ne sais plus si je t'avais déjà demandé mais c'est quelle marque que t'as? il est étanche? a+

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour une fois, les photos ne sont pas de moi mais celles des copains que j'ai récupéré. Sinon en général maintenant je fais mes photos avec mon tel (Sony Z1) qui est étanche ;-)

      Supprimer
  7. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  8. Bravo,

    Très beau récit, envoûtant même. Je vais tâcher de faire mon propre GR20 mais en 10 jours durant l'été 2016. J'ai dû abandonner une première tentative après 45km en 2014 en solo, trop dur.

    Cette fois-ci, je serai mieux préparé et je sais ce qui m'attends et j'ai un joker psychologique dans ma manche : je relis ton récit à chaque fois que j'ai des doutes et je suis regonflé à bloc.

    Franck (France)

    RépondreSupprimer